Bonus : Bisphénol A, Phtalates et plastifiants

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Bisphénol A, phtalates et autres plastifiants

 

Du saladier à la bouilloire et aux biberons, en passant par les boîtes de conserve, les canettes de soda et la poêle à frire, nous utilisons chaque jour une multitude d’objets en plastique, ou enduits de plastique. Les composés chimiques qu’ils renferment sont-ils vraiment inoffensifs ?

Les plastiques alimentaires posent question. Les phtalates et le bisphénol A, deux familles d’agents chimiques utilisés dans la fabrication de plusieurs plastiques, ont une configuration voisine de celle des hormones. Ils peuvent interagir avec le récepteur de certaines d’entre elles, modifiant ainsi notre équilibre hormonal – on parle de perturbateurs endocriniens. Normalement, une fois polymérisées, ces molécules sont censées rester à l’intérieur du matériau. Sauf que, sous l’action de la chaleur par exemple, elles migrent dans les aliments. Même si des seuils de migration sont fixés par la réglementation européenne et respectés par les industriels, on peut se demander si la multi-exposition à ces perturbateurs endocriniens ne nous met pas en danger.

Chasse aux phtalates dans le PVC

Les phtalates, qui servent principalement à assouplir le polychlorure de vinyle (PVC), semblent très peu employés dans celui destiné à entrer en contact avec des aliments. L’industrie n’utilise plus de phtalates au contact alimentaire depuis plus de 15 ans, y compris dans les films alimentaires. (Alfapac et Albal). Des études réalisées chez l’animal ont, notamment, prouvé les effets de ce perturbateur endocrinien sur l’appareil reproducteur mâle et femelle, sur la fertilité et le développement de cancers.

Est-on moins exposé quand on boit l’eau du robinet ? Pas vraiment, les experts recommandent plutôt de diversifier les sources d’approvisionnement en eau. Les canalisations en fonte peuvent être protégées à l’intérieur par des résines époxy, qui contiennent du bisphénol A. Tout comme les citernes des châteaux d’eau, qui sont enduites de ces mêmes résines pour améliorer la qualité de stockage de l’eau.

Le bisphénol A au centre des inquiétudes

Le bisphénol A (BPA) est préoccupant pour la santé humaine. Chez l’homme, il est suspecté d’affecter la reproduction, le métabolisme des sucres et des graisses, de provoquer des maladies cardio-vasculaires et des cancers. Chez l’animal, ses effets sur la reproduction, le métabolisme, sur la glande mammaire, le cerveau, les intestins et le foie sont avérés. La réglementation européenne a établi une dose journalière admissible (DJA), c’est-à-dire la quantité de BPA qu’un individu peut, théoriquement, absorber quotidiennement tout au long de sa vie, sans risque pour sa santé. Cette DJA est fixée à 0,05 mg/kg de poids corporel par jour. Considérant qu’elle n’était pas suffisante pour protéger les femmes enceintes,  les bébés et les jeunes enfants, desormais est interdit ; la vente de biberons et tout produits plastiques alimentaires contenant du BPA.

Toute une vaisselle à remplacer

Qu’en est-il de la classique boîte de conservation Tupperware ? Le bol est, en règle générale, en polypropylène et le couvercle en polyéthylène. La marque n’a jamais eu non plus recours aux phtalates pour l’ensemble de ses gammes”, assure Lionel Villain, directeur qualité Europe de Tupperware. L’entreprise a décidé de supprimer complètement le polycarbonate de son catalogue. Jamais cette vaisselle en polycarbonate n’a porté le logo “micro-ondable”. Par ailleurs, il était précisé sur l’emballage que ces récipients ne devaient pas être réchauffés. Ils ont remplacé le polycarbonate par un copolyester, qui est sans bisphénol, et presque aussi transparent et rigide. Le polyester a, cependant, une résistance aux chocs bien inférieure au polycarbonate.

Les boîtes de conserve incriminées

Le BPA est également un composant des résines époxy, ce vernis souple appliqué par chauffage à l’intérieur des boîtes de conserve métalliques afin de garantir leur étanchéité et la sécurité microbiologique des aliments. On trouve également cette résine sous le couvercle en métal des pots en verre (comme les petits pots pour bébé ou les conserves en verre), dans les capsules de bouteilles en verre, à l’intérieur des canettes de boisson et des bouilloires dites en aluminium. Il n’existe pas encore d’équivalent aux résines époxy. Le problème est de taille, car sans elles l’aliment pourrait corroder le métal. “Il faudra encore au moins 2 ou 3 ans pour trouver une solution de substitution.

Le téflon, un autre plastique problématique

L’utilisation du polytétrafluoroéthylène (PTFE), un plastique non recyclable, est également préoccupante. Ce polymère fluoré, connu sous le nom de téflon, est un revêtement antiadhésif approprié à une cuisine pauvre en matière grasse. Si le PTFE est stable jusqu’à 260 °C ; au-delà, il se dégrade. Ses propriétés antiadhésives sont alors altérées, et cette dégradation entraîne une émanation de gaz fluorés toxiques inquiétante pour les organismes fragiles.

L’autre crainte des consommateurs tient au fait qu’au cours de sa fabrication de l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) est parfois utilisé. Or, ce dernier est soupçonné d’être un perturbateur endocrinien qui provoquerait cancer de la prostate et troubles de la fertilité chez l’homme.

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